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20.03.2019

Nos enfants face aux écrans


En moyenne, nos enfants passeraient 3,6 heures par jour devant un écran (téléphone portable, tablette, ordinateur, TV). Faut-il s’en inquiéter ? De nombreux experts alertent les parents sur une utilisation abusive qui ne serait pas sans risque pour le développement de nos enfants. Mais quels sont les réels dangers d’une surexposition aux écrans ? À quel moment fautil s’alarmer ? Comment protéger nos enfants de possibles dérives ? Le CCAS d’Hendaye et le Centre Social Denentzat, en partenariat avec l’APEL Saint Vincent, organisent vendredi 22 mars une soirée parentalité en famille sur le thème du smartphone et ses dérives, de la petite enfance à l’adolescence. Animée par le Docteur Sandrine Mendizabal, neuropsychologue à Saint Jean-de-Luz, cette soirée propose de faire le point sur leur impact sur la santé de nos enfants et d’apporter des clés pour les accompagner dans leur usage.

Dans une étude canadienne, publiée en septembre 2018 dans la revue britannique Lancet Child and Adolescent Health, qui portait sur 4520 enfants de 8 à 11 ans sur 20 sites à travers les États-Unis, il apparaît que les enfants qui passent plus de deux heures par jour sur les écrans ont de moins bonnes capacités cognitives que ceux dont l’exposition est plus limitée.

Pour rappel, la cognition humaine est pour ainsi dire notre « appareil à penser ». Ce sont les capacités de notre cerveau qui nous permettent de percevoir, de prêter attention, de mémoriser, de raisonner, de produire des mouvements, ou de s’exprimer. Et notre rôle en tant que neuropsychologue consiste à évaluer l’état de ces fonctions nous explique Sandrine Mendizabal.

En quelques années, les écrans ont envahi notre quotidien et les chambres de nos enfants ne sont pas épargnées. La tablette est aujourd’hui le jouet le plus vendu, détrônant poupées et trains électriques de notre enfance.

Et les tests cognitifs de cette étude canadienne, qui vient allonger une liste d’études existantes déjà très longue, confirment un lien très net entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances des enfants.

Alors, à juste titre, beaucoup de parents s’inquiètent des conséquences sur le développement de leurs têtes blondes. Un constat partagé par les professionnels des services sociaux et de la petite enfance comme ceux du CCAS d’Hendaye et du Centre Social Denentzat souvent désarmés devant la souffrance de certains parents. C’est pour cette raison qu’ils on choisi d’inviter Sandrine Mendizabal, neuropsychologue pour faire le point sur les recherches et essayer d’apporter des clés pour agir.

« Sans tomber dans la peur et culpabiliser les parents, il convient de rester vigilant dès les premiers signes d’alerte » explique la neuropsychologue.

Chacun peut intervenir pour éviter qu’une pratique excessive des écrans dans l’enfance ne devienne pathologique à l’âge adulte. Isolement, appauvrissement de la relation aux autres, passivité, retard de langage, irritabilité, agressivité, anxiété, désintérêt pour d’autres activités, obsession des écrans… sont parmi les signaux observés. D’autant que l’usage abusif des écrans n’est pas irréversible. Dans la majorité des cas, les symptômes liés à cette pratique excessive cessent dès lors que l’on fixe un cadre à l’enfant pour l’inciter à réguler son usage. Les écrans ne sont pas mauvais par définition. C’est leur usage qui peut l’être. L’enjeu n’est donc pas de les bannir mais d’apprendre à nos enfants à s’en servir. Des conseils tout aussi valables pour les adultes qui se doivent de donner le bon exemple en s’imposant la même autodiscipline : comment expliquer à ses enfants la nécessité de s’auto-réguler si l’on est soimême suspendu en permanence à son téléphone ou à sa tablette ?

Autant de conseils et de clés qui seront abordés lors de cette soirée parentalité qui s’annonce indispensable pour comprendre les enjeux et réussir à faire grandir nos enfants connectés sans tomber dans l’addiction.

Rendez-vous vendredi 22 mars à 18 h à l’école Saint Vincent,
1 rue de la Libération à Hendaye.
Garderie à partir de 3 ans.

Renseignements auprès de :
Madame Bonnet au Centre Social Denentzat au +33 (0)6 74 23 76 34 ou
Madame Elgoyhen à la Maison de la Petite Enfance au +33 (0)6 29 19 00 96.

Aude Lagrabette