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03.10.2018

Les chefs d'entreprise confiants malgré un contexte difficile


Comme chaque semestre la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque (CCI) a livré son baromètre économique. Une photographie de la santé des entreprises présentes sur le territoire, réalisée suite à une étude auprès de 415 entités du Pays Basque. De cette radiographie se dégage un très bon état général, néanmoins terni par quelques sources d’inquiétudes.

<small>"André Garreta, Président de la CCI Bayonne Pays Basque"</small>

L'année 2017 a incontestablement marqué la sortie de crise. Si l’activité se poursuit aujourd’hui, son ralentissement est cependant notable. Après une année de croissance à 2,3 % en France, l’exercice 2018 ne devrait dépasser 1,7 % soit peu ou prou la part de l’inflation. Dans un contexte international tendu et un climat national incertain, les entreprises du Pays Basque s’en sortent plutôt bien. Sur le territoire, la dynamique demeure bonne et la création d’entreprise se poursuit, même si son rythme est un peu moins soutenu. Le plus remarquable se situe au niveau des radiations (- 29 %) et des entreprises en difficultés (- 21 %). Ces bons chiffres globaux se traduisent en terme d’emploi avec un taux de chômage de 8,1 %, inférieur à celui de la région (8,6 %) et du pays (8,9 %). Les entreprises ont donc augmenté leurs effectifs salariés (+ 2 %) et continuent à investir, preuve d’une confiance en l’avenir symbolisée par un optimisme exprimé par 82 % de chefs d’entreprises.

Une bonne dynamique pour presque tout le monde

Les carnets de commande sont toujours remplis et 75 % des dirigeants interrogés déclarent un chiffre d’affaires supérieur ou égal à celui de l’an passé. Si l’industrie et la construction s’en tirent pour le mieux, d’autres secteurs d’activités sont moins satisfaits. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne dans les domaines du commerce et du tourisme. Pour certains commerçants, la hausse des prix d’achats et la baisse de la fréquentation client constituent deux principales sources d’inquiétude. Quant aux professionnels du tourisme, ils ont été affectés par une météorologie pluvieuse durant le premier semestre de l’année. Les grèves de transport ont eu un rôle néfaste, entraînant la perte de 10 725 passagers (- 2,7 %) pour l’aéroport, soit près de 11 000 consommateurs.

Des entreprises à qui on en demande toujours plus

Si le climat reste positif, il est nourri par certaines inquiétudes. Or, comme le rappelle André Garreta, « le monde des affaires détestent les incertitudes ». La politique de réformes à tout va, engagée par la présidence Macron ne mesure pas toujours tous les effets occasionnés. À cela s’ajoutent des augmentations de taxes (taxes transport, CFE) et de nouvelles obligations comme le prélèvement à la source de l’impôt. Une gestion supplémentaire assumée par les entreprises au détriment de leurs activités de développement et de production. « Nous devenons des substituts à la fonction publique », déplore le Président de la CCI.

Dans ce contexte où le chiffre d’affaires se porte bien mais où les marges ne cessent de se dégrader, la vigilance reste de mise. L’évolution constante des règles du jeu en matière sociale, fiscale ou commerciale ne facilite pas la tâche, ce qui fait réclamer plus de concertation à Monsieur Garreta. « Nous aimerions que les politiques nous aiment (les entrepreneurs, ndlr), nous considèrent » déclare celui qui occupe aussi les fonctions de Président national des CCI territoriales. Avant de lancer une invitation à l’attention de Bruno Le Maire, afin que le ministre de l’économie et des finances mesurent la réalité du travail accompli sur le terrain.

DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES : CHIFFRES-CLÉS

Une bonne dynamique entrepreneuriale

 

 

 Yannick REVEL (texte et photo)