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07.05.2019

ISA BTP, la solidarité pour fondation


Située à Anglet, l’ISA BTP forme de futurs ingénieurs en bâtiment. Cette formation d’excellence s’appuie sur un enseignement académique de haut niveau, une dimension pratique très prononcée et des valeurs exacerbées. Rencontre avec ses étudiants qui illustrent parfaitement l’esprit ISA.

Ils sont cinq autour de la table, tous étudiants en 4ème année. La tête bien pleine et les épaules solides, ces futurs ingénieurs en bâtiment construisent leur avenir au sein d’une école particulière. Tout d’abord de part son niveau d’enseignement. Tellement reconnu et apprécié par les entreprises que ces dernières viennent chercher les étudiants avec un contrat d’embauche en poche, à la fin de leur cycle de cinq ans. Car souvent, ils se connaissent déjà. « Nous passons au moins 2 mois par an sur le terrain dès la première année » explique Léa. « Chacun de ces stages nous permet de voir toutes les positions sur un chantier ; ouvriers, conducteurs de travaux, maitrise d’oeuvre… » poursuit-elle. Arrivée à l’ISA BTP directement après le bac, Léa est un pur produit de l’école, imbibée de toutes ses valeurs. À la fin de l’année prochaine, elle souhaite entrer dans la vie active en tant que conducteur de travaux en réhabilitation d’ouvrages d’art. « Car c’est un métier qui ouvre vers l’étranger et que j’adore voyager » précise- t-elle. Pour ses camarades les choix différent.

Un véritable état d’esprit

Jeanne se voit intégrer une école d’architecture par la suite, alors que Cyril (arrivé dans l’école en 3ème année après un BTS) lorgne plutôt sur les bureaux d’études structure. Emmanuel, quant à lui reste indécis. Hésitant « entre la conduite de travaux et la maîtrise d’oeuvre », il compte « sur les stages pour prendre une décision ». Enfin, Valentin envisage la possibilité de faire une thèse. Lui qui a repris le chemin de l’école après six années en tant que salarié en bureaux d’études, s’est découvert une attirance pour la recherche. De parcours et d’horizons géographiques différents, ces jeunes sont désormais unis dans une structure à taille humaine. Avec 250 étudiants (une cinquantaine par année), les liens et échanges se font naturellement. Jeanne apprécie « l’esprit familial » qui règne ici. « Les professeurs nous connaissent tous par nos prénoms et sont disponibles après les cours » enchérit Emmanuel. Un esprit d’entraide qui règne aussi entre les élèves, « il n’y a pas de classement entre nous, on révise ensemble » raconte Léa. Une solidarité qui existe aussi bien à l’intérieur de l’établissement qu’à l’extérieur.

<small>De gauche à droite : Jeanne Abadie, Valentin Lahaye, Cyril Laffage,
Emmanue Diene et Léa Loyez</small>

Au-delà de leurs études, les élèves sont encouragés à participer à des projets en tant que bénévoles. Ils peuvent intégrer Junior Isa, l’association qui effectuent des prestations pour des particuliers, des entreprises, des collectivités territoriales ou des associations. « Il peut s’agir de cours particuliers, de réalisations de plans, de relevés topographiques, de modélisation 3D… » explique Cyril. Tous les bénéfices ainsi réalisés sont reversés à une association appelée Human’Isa. Cette dernière met en oeuvre chaque année un projet humanitaire dans un pays en voie de développement. C’est le point d’orgue du cycle ISA BTP. « Une des raisons pour lesquelles j’ai choisi cette école » déclare Léa, Présidente de l’association Human’ISA XX (celle qui concrétisera son projet en 2020). Actuellement les étudiants de dernière année sont au Bénin pour réaliser l’extension d’un collège. La promotion 2018 était au Tadjikistan et la précédente au Népal, toutes deux pour y construire une école. Un projet d’envergure, en relation avec leurs compétences et leur niveau d’études, totalement réalisé par les étudiants.

Vivre ce que l’on n’apprend pas à l’école

Avant de partir l’an prochain, la promotion 2020, se prépare. À commencer par la création de l’association car chaque promotion dispose de sa propre structure pour mener à bien son projet. Tout est réalisé par les étudiants eux-mêmes, les enseignants restant en retrait, uniquement en soutien en cas de besoin. Une expérience très formatrice selon Valentin car « on fait toutes les démarches avec la banque, l’assurance, la préfecture, les ambassades… des choses qui ne s’apprennent pas à l’école ». Une expérience unique qui pousse les futurs ingénieurs vers des terrains inconnus. Répartis en cinq commissions (conception, logistique, financement, communication et évènementiel), les bénévoles touchent ainsi à des domaines qu’ils ne maîtrisent pas. Ainsi Valentin pense intégrer la commission finance « car je n’y connais rien » avoue-t-il avec envie. Gagner en compétence et en maturité, tel est l’objectif d’un tel projet en fin d’études. Une aventure qui se vit à 56 et qui nécessite un réel investissement personnel. Basketteuse, Jeanne mettra sa « saison entre parenthèse » pour vivre pleinement l’expérience. Quant à Léa, elle admet « ne plus avoir de temps libre » depuis qu’elle a pris la présidence de l’association Human’Isa XX. Des concessions faites par tous avec optimisme, conscients que le jeu en vaut la chandelle à tous points de vue.
Alors que leurs aînés sont en ce moment au Bénin pour concrétiser et finaliser leur construction, les « quatrième année » planchent sur la sélection du projet à effectuer. Les pistes au Maroc, en Tanzanie, au Togo, au Cameroun, au Honduras, au Sri Lanka sont à l’étude. Le choix final se fera sur la base de nombreux critères ; la nature de la construction, la situation géopolitique, la sécurité, la logistique… En septembre, la décision sera arrêtée et le pays donnera son nom à la promotion. En attendant ils mènent déjà des opérations pour récolter des fonds. La première sera une course pédestre dans la forêt de Chiberta le 12 mai 2019. Un prélude à un long marathon dont on ne sait pas encore vers où il les guidera. Mais dans ce type d’expérience, peu importe la destination, pourvu que la route soit belle.

Yannick REVEL (texte et phtos)