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15.05.2018

IMMOBILIER

Un département, quatre marchés

L’année dernière a été un grand cru en matière de transaction immobilière. Des prix raisonnables et des taux d’intérêts historiquement bas ont incité les français à l’achat.  Les Pyrénées-Atlantiques ne font pas exception à ce climat euphorique malgré d’importantes disparités entre les territoires.

« 2017 est une année exceptionnelle » énonce en préambule Maître Jean Dupont, notaire à Orthez. Animant la conférence de presse de la chambre notariale, le béarnais s’apprête à dévoiler les chiffres du département. Des résultats record en termes de volume de ventes, « une des meilleures années que l’on ait connue depuis l’an 2000 » précise-t-il.

Pour tirer ses conclusions, Maître Dupont se base sur les statistiques de la base de données PERVAL, alimentée par les notaires chaque fois qu’un acte est signé. 

La Côte a toujours la cote

Mais toutes les parties des Pyrénées-Atlantiques ne connaissent pas le même sort. La plus courue, comme on peut s’en douter, est la Côte Basque. Dans cette zone se concentre l’ensemble des promotions immobilières dont les prix continuent de grimper (+ 2,2 %). Cette évolution existe également dans l’ancien. Alors que le prix moyen au mètre carré est de 2.420 € sur l’ensemble du département, il flambe littéralement en s’approchant de l’océan. Si 900 €/ m² suffisent pour se loger à Oloron, il faut débourser 4.800 €/m² à Biarritz où le prix a augmenté de 11 % l’an dernier. 

Pour les maisons, les rapports sont sensiblement identiques. Pau et son agglomération se situent  dans la moyenne du département avec un pic sur les quartiers les plus prisés de la zone Est (235.000 € en moyenne). Au hit-parade des cités expansives, Saint-Jean-de-Luz culmine avec un montant médian de 650.000 €. De quoi faire fuir les jeunes… Si en règle générale, les acquéreurs âgés de 30-39 ans sont les plus présents, sur la côte ce sont les plus de 60 ans qui arrivent en tête. Cette tranche d’âge est celle qui achète le moins en périphérie paloise. De là à dire que les retraités vendent à Pau pour acheter près la plage, il n’y a qu’un pas.  

Des tensions en prévision

Les grands perdants de ce boum immobilier sont les zones rurales. Le Pays Basque intérieur et le Béarn (hors périphérie paloise) enregistre un net recul des prix et des transactions. Si les maisons anciennes se vendent moins bien en règle générale (- 12,8 % sur les 10 dernières années), la chute des prix ne cessent pas pour certains. Ainsi la valeur moyenne d’une villa a de nouveau enregistré un recul de - 11,8 % en Pays Basque intérieur durant l’année 2017. 

Il y a bel et bien quatre marchés dans les Pyrénées-Atlantiques :

- le Pays Basque côtier, 

- le Pays Basque intérieur, 

- Pau et son agglomération, 

- et le Béarn. 

L’évolution sur l’ensemble du département est positive. Diagrammes et courbes sont formels. Mais si le prix de l’ancien a augmenté sur les cinq dernières années (+ 5,1 %) il reste encore en dessous de ce qu’il était avant la crise de 2007-2008. Actuellement la situation n’est pas comparable, il ne s’agit pas d’une bulle spéculative. « Entre 2000 et 2007, les prix augmentaient de 10 % chaque année, même au fin fond du Béarn » se rappelle Maître Dupont. Pas d’éclatement en vue donc, mais une réelle tension en prévision. Car les acquéreurs recherchent souvent le même produit, au même endroit. 

Yannick REVEL