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14.09.2018

Hopaal, le textile qui fait du bien à la planète


Depuis ses locaux d’Anglet, la jeune marque Hopaal crée des vêtements avec un double objectif : qu’ils soient beaux et avec un impact environnemental minime. Leur recette ; des lignes épurées dessinées et fabriquées en France à partir de tissus recyclés. Leurs gammes homme et femme ne cessent de séduire un public de plus en plus en large, conquis tant par le message écologique que par un design minimaliste.

L'un est originaire de Saint-Malo, l’autre de Valence mais c’est à Toulouse que Mathieu Couacault et Clément Maulavé se rencontrent. Alors qu’ils sont encore étudiants à l’école de commerce, ils décident de s’associer pour créer leur petite marque. « Clément s’intéressait à l’univers du textile et on se demandait comment on pouvait faire en sorte de rendre meilleure cette industrie hyper polluante » se souvient son ami breton. L’oeil vif derrière ses verres ronds, Mathieu nous raconte les débuts de l’aventure. Créée fin 2015, c’est au mois de juin de l’année suivante que les choses sérieuses démarrent. Les complices ont produit leur premier T-shirt et, pour son lancement, ils orchestrent une campagne de financement participatif sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank. « On pensait vendre 150 T-shirts en motivant nos potes et notre entourage » s’amuse le jeune homme. Au final, plus de 500 pièces sont commandées en deux semaines seulement. Ce succès permet d’encaisser 22.000 €, de lancer la production et de faire le site web. Un an après, la marque présente une véritable gamme de vêtements pour homme et pour femme.

100% recyclé, 100% fabriqué en France

Désormais la machine est lancée et l’équipe s’est considérablement étoffée. Composée de 6 personnes, la société poursuit son entreprise en maintenant son cap. La particularité de sa démarche réside dans la matière utilisée pour la fabrication. Pour cela, des chutes de tissus (neufs) sont récupérées en usine et reconditionnées pour être recyclées. La méthode est utilisée pour les T-shirts, les chemises, les sweats... ainsi que pour le dernier venu, baptisé « le pull du futur ». Pour ce pull, la matière (laine, coton, polyamide, acrylique) est récupérée, broyée et remise à l’état de fibre dans une usine du Tarn. Ensuite, les bobines sont expédiées dans la Loire pour le tricotage. Une fabrication responsable et locale assumée même si Clément Maulavé admet qu’il « n’est pas facile de trouver des ateliers de confection textile en France ». Ce pull, comme l’ensemble des produits Hopaal ne s’achète que sur Internet.

Esthétisme et engagement

« On veut d’abord être fort sur le web avant d’aller en magasin » explique Mathieu Couacault. Cela passe par une présence importante sur les réseaux sociaux pour acquérir et fidéliser la clientèle, ainsi que par le travail d’une attachée de presse qui permet de décrocher une visibilité dans des magazines. La formule séduit avant tout par l’esthétique, car nulle part n’apparaît la démarche vertueuse de la marque. Pour que le vêtement plaise, les créateurs misent sur des lignes simples, des coloris sobres et des designs minimalistes. Une plastique finalement en phase avec le message, permettant d’obtenir ainsi des pièces intemporelles et durables. Si l’avenir de la planète dépend de notre façon de consommer, Hopaal se positionne alors comme un acteur efficace sans le moindre prosélytisme. Et pour enfoncer un peu le clou, la jeune entreprise a intégré le programme « 1 % pour la planète », s’engageant ainsi à verser 1 % de son chiffre d’affaires à des associations de défense de l’environnement. Et pourtant, vous ne verrez jamais un T-shirt Hopaal portant un message militant. Car souvent, ce sont ceux qui en disent le moins...

Yannick REVEL (texte)