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15.03.2019

Haur Heri : Les faiseurs de rêves


L’association Haur Eri oeuvre au bien-être des enfants hospitalisés au service pédiatrique de l’Hôpital de Bayonne. Une mission au quotidien pour cette équipe au grand coeur.

 Christophe Daupes et Marie-Pierre Armendariz,
Président et Vice-Présidente de l’association Haur Eri

Quand la maladie arrive, d’autres soucis l’accompagnent. Haur Eri est là pour aider les familles. L’association améliore l’accueil à l’Hôpital : décoration du service de pédiatrie, maintenance d’une salle pour les parents, aides financières dans des cas particuliers. Elle dispose d’un stock de matériel pédagogique et ludique qu’elle met à disposition des enfants. En chambre, télévision, tablette numérique, et dans une salle dédiée aux jeux pour tous les âges. Haur Eri a tissé un réseau de 40 entreprises partenaires, de la plus petite à la plus grande. Elles apportent un soutien financier mais également matériel. La porte est ouverte pour ceux qui veulent participer. L’association a réalisé près de 50 actions l’an passé.

Créée en 2011, Haur Eri permet aux enfants hospitalisés de vivre d’autres moments et de créer du lien avec ceux qui les soignent. L’association compte une quinzaine de membres autour de Christophe Daupes, son Président, et Marie-Pierre Armendariz, Vice-Présidente et Éducatrice Jeunes Enfants. Elle est composée de soignants de l’Hôpital, d’auxiliaire à pédiatre, tous bénévoles. Les enfants sont une quarantaine en moyenne, de 0 à 15 ans en traitement lourd.

Pottoka... Président et parrain

Christophe a pris la suite de la présidence d’Eliane Etchegaray. « Je lui dois tout. Ma deuxième maman… Ama comme je l’appelais affectueusement. C’est elle qui m’a tout appris, comment me comporter avec les enfants, surmonter les choses, comment me protéger ». Employé municipal à la Ville de Bayonne, Christophe intervient à la demande de Marie-Pierre. Sur ses temps de pause ou de vacances. « Je prends le costume de Pottoka et en avant ». Et oui Christophe est le premier Pottoka à avoir foulé le pré du Stade Jean-Dauger. Ancienne mascotte de l’Élan Béarnais Orthez, il est passé du Basket au Rugby et du Béarn au Pays Basque. Et naturellement, il a franchi en 2006 les quelques centaines de mètres qui séparent le Stade de l’Hôpital pour apporter des moments de bonheur en pédiatrie. Il n’est plus le cheval fou des ciel et blanc, d’autres ont pris sa suite, mais il reste celui des enfants hospitalisés avec l’accord du club. Et le parrain de l’association.

Quand la maladie arrive, d’autres soucis l’accompagnent. Haur Eri est là pour aider les familles. L’association améliore l’accueil à l’Hôpital : décoration du service de pédiatrie, maintenance d’une salle pour les parents, aides financières dans des cas particuliers. Elle dispose d’un stock de matériel pédagogique et ludique qu’elle met à disposition des enfants. En chambre, télévision, tablette numérique, et dans une salle dédiée aux jeux pour tous les âges. Haur Eri a tissé un réseau de 40 entreprises partenaires, de la plus petite à la plus grande. Elles apportent un soutien financier mais également matériel. La porte est ouverte pour ceux qui veulent participer. L’association a réalisé près de 50 actions l’an passé.

Réaliser les rêves des enfants

Un Micro rêve individualisé par enfant. Il s’agit de capter ses centres d’intérêts lorsqu’il vit des moments difficiles dans la maladie. Les enfants remplissent une fiche et Haur Eri essaye d’inclure toute la famille. « L’enfant est reboosté car cela touche à sa passion » souligne Marie-Pierre : sortie au zoo, au Musée de la Mer, rencontre avec un champion de moto. Récemment un papa disait qu’il aimerait refaire la chambre de sa fille en fin de traitement. L’association a profité d’un voyage de la famille au Portugal pour refaire entièrement la chambre de la demoiselle ainsi que celle de sa soeur. « Plusieurs artisans nous ont donné un coup de main et une grande enseigne locale a fourni les matériaux ». Avec le Gros rêve, on est sur une autre dimension. L’enfant et sa famille partent sur un séjour tel qu’Eurodisney par exemple. L’enveloppe financière est conséquente et l’association se mobilise pour trouver les fonds avec ses partenaires.

Des sorties collectives pour solidariser

Elles sont réalisées suivant l’âge des enfants. Concert de Louane à Pau, des Kids United, représentation de cirque, de Kev Adams… La famille est au coeur des sorties pour partager ces instants de bonheur. Exceptionnellement, l’association a décidé d’emmener toutes les mamans voir Patrick Bruel aux Arènes de Bayonne. Un véritable bol d’air. Un stage de Théâtre est organisé chaque année à Biarriz où une pièce est mise en scène et jouée par les enfants. Traditionnelle sortie à la Fête Foraine où Pottoka s’en donne à coeur joie, sortie motos, Noël de l’Hôpital, Fêtes de Bayonne, les « classiques » où le plaisir est toujours au rendez-vous sont au programme. « Cette année nous organisons un Encierro Ttiki dans les couloirs de la pédiatrie… ça va envoyer !!! » sourit Christophe.
« Rien n’est improvisé car il ne faut pas mettre les enfants ou les familles en difficulté. Il s’agit que les petits se souviennent de l’hôpital autrement » témoigne Marie-Pierre. « Et courant de l’année, nous allons organiser un repas entre les anciens et les nouveaux, avec toujours l’objectif de créer du lien. C’est important pour les enfants de savoir qu’il y a une autre vie après… le fait de discuter avec ceux qui ont quitté le service est primordial ».

Le robot Haur Eri

Claire a vécu récemment un grand moment sans sortir de sa chambre. Fan de l’Aviron Bayonnais Rugby, elle a pu suivre au plus près un match au Stade Jean-Dauger via un robot et sa télécommande. Il fallait voir sa bouille ravie dans l’écran communiant avec les joueurs au bord du terrain. Ceci grâce à la générosité de la Fondation Crédit Agricole Pyrénées Gascogne et différents partenaires qui se sont mobilisés. Christophe a dû plaider la cause devant un jury. L’achat du robot n’était pas chose aisée. Il vaut la bagatelle de 8.000 euros. Les mots simples et sincères du Président ont convaincu. Cet outil peut également combler les enfants sur des moments du quotidien. Comme manger à table avec sa famille alors qu’on est bloqué à l’hôpital. Les possibilités sont infinies.
« Si l’action ne se fait pas ce n’est pas grave », affirme avec conviction Christophe. « C’est l’enfant qui décide. On est là pour lui. Nous écrivons des histoires avec eux, pour eux ». Comme le souligne le Président, l’essentiel est que l’enfant garde du positif de son passage à l’hôpital. Avant de retrouver sa vie. Sa nouvelle vie.

Olivier Labiscarre (texte et photo)