Journal officiellement désigné par arrêté préfectoral

Journal fondé en 1925

< Suspension temporaire du Journal France3 Euskal Herri
15.05.2018

DEFISCALISATION

La gestion de patrimoine, tout un art

Quand une société veut alléger son imposition, plusieurs solutions s’offrent à elle. Dans l’éventail de l’optimisation, l’art commence à se faire une place. Et pour prêcher les vertus de cette voie originale, une nouvelle venue dans la région propose un service de location d’œuvres disposant de multiples avantages. 

Fondée il y a moins de quatre ans, la start-up française We Art Partners a d’abord concentré ses efforts sur la capitale. Désormais, elle se déploie en province avec un représentant dans le sud-est et un autre dans le sud-ouest. Basé sur la Côte Basque, Cédric Damestoy est revenu au pays après une carrière dans la finance. Dix-sept années à Paris et une expérience à Singapour plus tard, le voici de retour au pays pour y faire ce qu’il connaît, et ce qu’il aime. Car lorsqu’il quittait son bureau parisien, l’homme filait à l’école du Louvre pour y étudier les Beaux-Arts et l’Histoire de l’Art.      

Alliant passion et savoir-faire, le boucalais d’origine propose aux professions libérales et aux entreprises ses services. Si les acteurs de la gestion de patrimoine sont nombreux, rares sont ceux qui mettent l’accent sur l’art. « Le concept de gestion de patrimoine artistique attise la curiosité » admet Cédric Damestoy. Il avoue même que c’est grâce à cette particularité qu’il est plus facilement accueilli par ses interlocuteurs. Le produit phare qu’il leur présente est une location avec option d’achat. 

Un système simple, comme pour une voiture

Ce mode d’accession bien connu dans le domaine automobile est ici transposé à l’art. Pendant une durée de douze à soixante mois, l’œuvre est louée et, au terme de cette période, une valeur résiduelle de 5 % permet le transfert de propriété. Les loyers sont des charges d’exploitation qui diminuent d’autant le résultat comptable et par conséquent l’imposition. 

Si le catalogue de We Art Partners comprend des grands noms du monde artistique, pas besoin de dépenser des fortunes pour commencer sa collection. Composée de stars du street-art (Obey, Jon One, C215…), et de signatures majeures du 20ème siècle (Riopelle, Buffet, Mathieu…), l’offre intègre aussi des artistes émergents. Ainsi une pièce valorisée 4.000 € peut s’accrocher dans le bureau d’un chef d’entreprise pour une centaine d’euros par mois.

Un intérêt au-delà de la défiscalisation

Demeurant propriétaire des œuvres durant la durée de la location, le bailleur sélectionne les pièces avec le plus grand soin. « Nous avons des art advisors (NDLR : conseillers artistiques) qui sillonnent les foires d’art contemporain » précise le représentant local de la start-up. Ceux-ci font ainsi évoluer le catalogue en fonction de leurs préconisations. Une offre variée selon les goûts, les coûts, les médiums (peinture, sculpture, mixte…) et les origines (Europe, Amérique, Chine, Japon, Afrique, Israël...).  Cette diversité permet de s’adapter aux souhaits du client, et à l’image qu’il désire projeter. Car l’art est un puissant vecteur de communication, tant en interne (salariés, clients) qu’en externe (visiteurs, prospects…). Les grands groupes tels que Pinault et Arnault (et plus proche de nous Bernard Magrez) l’ont compris depuis longtemps. Mais ce luxe n’est plus réservé aux entités du CAC 40.  

Yannick REVEL